Audrey Sara, ou le parcours authentique d'une vraie chanteuse
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Première partie, une épreuve du feu... pas si brûlante que cela
Comment avait réagi le public lors de cette première partie de Toto ?
Il a été formidable !
Deux jours avant, pendant le festival, il y avait Jamiroquaï, Robert Plant, le chanteur de Led Zeppelin, Jean-Louis Aubert, Aston Villa...
Et je me suis demandée : "Mais qu'est-ce que je viens foutre ici, moi ?"
Mais en fait, il s'agit d'un festival qui a pour principe de sortir chaque année un nouvel artiste très peu connu, et j'ai donc joué un peu là-dessus, en leur expliquant que s'il ne me (re)connaissait pas, c'était normal. Et en fait le public a été génial !
Ce n'était pas facile de monter comme ça sur scène, devant 2000 personnes, sans être connue, et le public m'a vraiment bien accueillie, les gens ont été supers avec moi.
La perspective de jouer en première partie de Kyo ne t'inquiète pas ? C'est une position un peu délicate d'être une première partie, comme ça…
J'évite de me poser trop de questions…
Une première partie, c'est en effet toujours un peu délicat, parce qu'on a pas le même son, on doit faire vite, le public ne vient pas pour toi mais pour Kyo.
Mais bon, moi, à chaque fois que j'ai vu une première partie, le public est généralement assez cool, comme s'il comprenait que l'artiste qui vient à ce moment-là flippe parce qu'il sait très bien que ce n'est pas lui qu'on vient voir.
Donc en général, je trouve que le public est vachement sympa avec les premières parties.
Donc on verra comment je serai accueillie…
Kyo, est-ce un groupe que tu écoutes ?
Oui, j'ai écouté. Déjà, j'avais adoré leur duo avec Sita [Le chemin, ndlr], je trouvais ça vachement bien. Je trouve que c'est du rock frais, c'est sympa comme tout, les textes sont bien, il y a de bons arrangements derrière, ça chante aussi... Non, c'est bien ! Je suis contente de faire leur première partie ! (rires)
Audrey vs Nolwenn vs Cerena
Comment te positionnes-tu par rapport à d'autres jeunes chanteuses qui sont très présentes actuellement dans le paysage musical français ? Je pense par exemple à Cerena, qui est signée sur le même label que toi [EastWest, ndlr] ?
Je ne me positionne pas du tout.
Déjà, je m'en fous un peu de ce qui se passe à côté.
Cerena, j'ai entendu son titre, et j'ai l'impression qu'il y a un monde entier entre nous, musicalement déjà.
(rires) Donc moi j'ai mon univers, elle a le sien, chacun a le sien.
Pour moi il n'y a pas de concurrence.
C'est le milieu qui fait cette concurrence-là, qui est débile en plus, parce que de toute façon, je suis moi, elles sont elles et voilà !
Il n'y a pas de comparaison à faire !
Mais forcément, dans ce métier, on compare untel à untel parce qu'on en peut pas faire autrement.
D'ailleurs, même le public le fait, même moi, quand j'entends un truc je vais me dire : "Ah tiens ça ressemble un peu à…"…
Mais je ne pensais même pas forcément aux ressemblances et aux comparaisons, mais au fait qu'il y a un nombre incroyable de jeunes et jolies chanteuses actuellement.
Penses-tu que le public fait la différence entre elles ?
Non, je ne pense pas, et c'est d'ailleurs bien dommage...
Moi je ne suis pas de la même école, et mon arme pour me démarquer des autres, c'est ma musique, ma façon d'être sur scène, ce que je pense, ce que je dis.
Si je prends l'exemple de Jenifer et Nolwenn, jamais un artiste sortant d'une maison de disque ne bénéficie d'une promotion pareille !
C'est impossible ! Donc déjà ça n'a rien à voir.
Ensuite, si on prend Cerena, qui est quand même dans un univers très populaire, ça n'a rien à voir non plus avec moi.
Ça va être beaucoup plus facile pour Cerena, parce que justement, il y a vachement de gens qui aiment le populaire, que pour moi qui suis entre les deux, le populaire et le rock.
C'est quand même de la variété, ce que je fais, et en même temps avec des arrangements un peu plus travaillés, dans le sens où chaque son qui est là n'est pas là par hasard.
Qu'est-ce que tu écoutes, chez toi, comme musique ?
Tout ce que l'on ne connaît pas.
C'est-à-dire que je n'ai pas l'album de Jenifer, ni celui de Nolwenn, ni celui de Cerena !! (rires)
J'écoute énormément Jewel, une artiste américaine de chez Warner, j'aime beaucoup Tom McRae.
C'est d'ailleurs bien dommage que ce ne soit pas assez connu, parce que je trouve ça magnifique !
J'écoute Travis, Coldplay, Stephan Eicher bien sûr pour le français.
L'album de Kyo, aussi, je l'ai écouté très souvent, ainsi qu'Alanis Morissette, que j'aime beaucoup aussi, mais à petite dose parce qu'elle on l'entend beaucoup en radio, K's Choice, dont je suis complètement fan, et voilà.
Tu es actuellement en pleine promo. Comment le vis-tu ?
C'est dur parce que j'ai eu du mal à me lever, ce matin ! (rires).
En fait, tout dépend du journaliste que l'on rencontre.
Il n'y a pas longtemps, j'ai fait quatre interviews dans la journée, il y en a eu deux de géniales, parce que les questions étaient vraiment intéressantes, et me permettaient d'exposer vraiment mon avis.
Mais les questions du genre : "Quelle est ta couleur préférée ?", je trouve ça complètement inintéressant et inutile, mais bon, de toute façon, il faut le faire …
Il faut le faire parce que ta maison de disque te le demande, ou parce que tu penses que c'est nécessaire ?
Je pense qu'il faut le faire, parce que c'est difficile de rentrer par les radios, donc il faut baliser le terrain de partout !
Il ne faut pas faire n'importe quoi, mais il faut le faire, quoi.
Néo-internaute
Internet, tu l'utilises ?
Oui, depuis peu, parce que j'ai mis du temps à me mettre à l'ordinateur, mais je trouve ça génial !
Je m'en sers surtout pour aller voir un peu les sites autour de moi, ou d'autres artistes.
Pour écouter des concerts unplugged qui passent parfois, comme celui d'Alanis Morissette et Michelle Branch, sur lequel je suis tombée l'autre fois et qui était vraiment bien !
Et puis je m'en sers pour les emails, pour communiquer !
Internet, tu l'utilises ?
Parce que ça ne m'intéressait pas.
En plus, il y a déjà le courrier, le téléphone, maintenant en plus l'email !
Je me dis que je ne peux pas répondre à tout (rires), d'autant plus que ça n'a jamais été trop mon truc : je ne suis pas très téléphone, pas très courrier, alors en plus le mail…
Mais bon, je me dis qu'il faut que je m'y mette, de toute façon tout le monde y est, et donc au bout d'un moment, il faut évoluer avec le temps, quoi.
Reçois-tu déjà des lettres d'admirateurs ?
J'en ai eu, mais plus quand je faisais du piano-bar. Par exemple on avait un Japonais [Akinori, bien connu des spectateurs des concerts de Zazie, Jean-Jacques Goldman, Renaud, Alain Souchon, Ange…, ndlr], alors lui il m'a fait halluciner, parce qu'il est venu deux fois nous voir, il m'avait écrit, et d'autres gens ont continué à me suivre.
Rêves d'une femme
Quel est ton rêve, professionnellement parlant ?
Faire le maximum de scène, tout le temps.
Je crois que c'est ça. Mais ce n'est même pas un rêve, c'est le désir de tout artiste de pouvoir faire son métier.
Je ne rêve pas d'être une grande star.
Je rêve de faire mon truc, de vendre le minimum pour pouvoir me permettre de faire des albums, de gérer ma carrière tranquille, d'en vivre, de faire ce que j'aime.
Et ton rêve personnel ?
Je n'en ai pas vraiment...
M'épanouir… Non, en fait je suis bien déjà dans ma vie, affectivement, professionnellement, avec les angoisses du quotidien, avec mes petits soucis comme le monde…
Vivre bien, mais ça, je pense que c'est le rêve de tout un chacun, être heureux.
Chrystèle MOLLON / Paris, septembre 2003
Photo X./Warner
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